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Une devise immortelle

 

Chers et fidèles lecteurs, cet été j’ai profité de mon séjour en Celtie profonde pour méditer sur la notion de liberté – en un lieu encore épargné par la société multi-multi et que je tiendrai secret par crainte d’attirer l’attention du Centre d’Egalité des Cancres sur ce havre de paix.

Peu avant les vacances, en effet, j’ai vu fleurir une série d’articles, sur Internet, dénonçant l’instauration de la dictature en Belgique. J’ai reconnu dans ces diatribes quelques jeunes plumes sympathiques mais par trop enclines à jeter l’anathème.

Ah ! Mes jeunes confrères ! On ne peut accuser nos politiciens de félonie à la légère. Il faut, pour cela, bien peser ses mots. D’ailleurs la situation n’est pas si grave. Une analyse de fond vous montrerait que la Belgique peut toujours s’enorgueillir de sa devise immortelle : le roi, la loi et surtout la liberté. Car, des libertés il nous en reste bien plus que nous n’en avons besoin. Si vous en doutez, c’est que vous n’êtes pas suffisamment averti des libertés fondamentales qui nous sont libéralement octroyées par nos gouvernants.

Prenez par exemple la liberté religieuse – l’une des plus essentielles d’entre toutes : vous êtes parfaitement en droit d’être athée et de dire tout le mal que vous pensez de la religion de vos pères. Vous pouvez même librement participer à l’un de ses cortèges carnavalesques où l’on raille prêtres, moines et nonnes en montrant ses fesses et en embrassant, si possible, des personnes du même sexe.

De même vous êtes totalement libre de dire tout le bien que vous devez penser de la religion musulmane. Si vous prenez le risque d’écrire ou de déclarer que l’islam est une religion d’amour et de paix, de tolérance qui a civilisé l’Europe, que son moteur théologique c’est la tolérance – surtout à l’égard des femmes – je vous le garantis : il ne vous arrivera rien. Strictement rien ! Ni poursuites ! Ni procès d’aucune sorte. Vous trouverez même les tribunes des médias ouvertes au dialogue. Signe d’une libéralité qui ne trompe pas : vous pouvez, aussi, vous convertir à l’islam le plus radical et appeler votre fils Ousama et,  cependant, ne souffrir aucune persécution.

Prenez ensuite la liberté d’association. Celle-ci est quasiment sans limite. Vous pouvez à tout instant fonder une association des Amis de Elio Di Ruppo ou de Gisèle Mandaïla Malamba. Vous aurez, peut-être, même la chance de recevoir quelques subsides. Si vous préférez rester dans le domaine cultuel, il vous est loisible de fonder une association pour l’éviction du cochon gaulois …des cantines scolaires et son remplacement par de la viande allhal : là encore aucun frein ne sera mis à vos démarches. De même si la raison sociale de votre association devient politique et que vous souhaitiez étendre les lumières de la charia à l’ensemble du royaume, la police politique ne vous en cherchera pas querelle.

Venons en maintenant à la liberté d’opinion. Qu’en dire ? D’abord qu’il n’existe pas de censure a priori. Même, si la première-en-vices Laurette a dans ses cartons l’idée de donner au Centre d’Egalité des Cancres un rôle dans la définition des opinions racistes pour lutter contre la bête immonde qui ronge le cœur des belges de souche.  Mais en dépit des apparences – et selon une jurisprudence bien établie – une opinion raciste n’est pas une opinion. C’est un délit.

Malgré tout nous sommes loin de la censure a priori. La preuve est que si vous écrivez au susmentionné Centre pour savoir si un article que vous voudriez publier risquerait de tomber sous la qualification de délit raciste ou non : il ne vous répondra pas. Il ne vous attaquera en justice qu’a posteriori.

En dehors de questions très particulières, liées à l’immigration, l’intégration des minorités, la criminalité desdites minorités, la peine de mort, certaines formes de sexualité, certaines périodes de l’histoire, la génétique, la fiabilité du vote électronique, les réseaux pédophiles, vous êtes en droit de dire et de penser ce que vous voulez : par exemple que Louis Michel est l’homme le plus séduisant de Belgique et bientôt de toute l’Europe. En outre tout citoyen a un accès presque sans limite à l’information grâce à la RTBF qui, au travers de ses chaînes de télévision et de radio, diffuse presque – notez le bien – presque sans interruption. Pour les amateurs de la presse écrite, il y a notamment la « Libre Belgique » dont le titre n’est pas qu’une antinomie.

Dans ce registre, force est de constater qu’on en est plus au Moyen-âge, où il était interdit de croire que la terre était ronde. Aujourd’hui vous êtes autorisé à croire qu’elle est plate - comme cela est prescrit dans le coran. Toute licence vous est, également donnée, de critiquer les dirigeants politiques. Notamment : George Bush, Ariel Sharon, Silvio Berlusconi, José-Maria Aznar, Georg Haider et le défunt Fortuyn…Le choix ne manque donc pas.

Une autre liberté fondamentale est celle de posséder les fruits de son travail (le contraire s’appelle l’esclavage). Bien que la Belgique soit le pays développé où l’on paye le plus d’impôts, cette liberté demeure dans une mesure que l’on ne soupçonne même pas. Une fois payés les charges sociales, l’impôt sur le revenu, la TVA, les taxes locales, les taxes sur les carburants, la redevance télévision, les droits de mutation et de succession, les accises, il vous reste au moins 20% de la richesse que vous avez générée. Ce n’est pas rien et témoigne largement en faveur des bienfaits de notre social-démocratie.

Venons en maintenant à une liberté consacrée par tous les Etats de droit je veux parler de la liberté de mouvement. Elle est de 120 km par heure sur autoroute et de 90 sur route. Elle est si belle que certains parlent de l’étendre à toute l’Europe, surtout à l’Allemagne qui vit, encore, sous le règne obscurantiste de la voiture la plus forte : Porsche, Mercedes et autres Benz. En Belgique, si l’on en croît le gouvernement, elle sera bientôt gratuite pour les transports publics.

A un niveau plus général, force est d’admettre que le démantèlement de nos postes frontières a grandement contribué à une plus ample liberté de circulation. Désormais, tout premier-venu [on dit aussi primo-arrivant] est en droit d’entrer en Belgique et de s’y installer. Cette liberté bénéficie à la planète entière – on pourrait difficilement faire mieux – même si l’on constate qu’elle bénéficie davantage aux futurs Européens que sont les Turcs et les Marocains et aux ressortissants venus du Congo, ex-Zaïre, ex-Congo, ex-Congo belge.

Corollairement, les citoyens belges de souche ont la liberté de quitter le territoire. C’est ce que certains politologues et économistes appellent la liberté de voter avec ses pieds. A la vitesse à laquelle notre pays se démocratise, on devrait bientôt faciliter l’exercice de cette liberté en rendant ce vote là également obligatoire.  

Alors mes frères en belgitude, il ne vous restera plus qu’une chose seule chose à faire : préparer vos valises.

 

Charles Magne

 

(Bastion n°82 de septembre 2004)

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