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AVANT-GUERRE
Chronique d'un cataclysme annoncé Après L'Archéofuturisme, La Colonisation de l'Europe et Pourquoi nous combattons?, Guillaume Faye récidive. Ce nouveau livre défend la thèse suivante: La Troisième Guerre mondiale va éclater de manière imminente. Ses formes seront radicalement nouvelles, "archéofuturistes". Elle sera la plus violente, la plus impitoyable, la plus dévastatrice que l'humanité ait jamais connue. Elle n'opposera pas des Etats entre eux, mais sera un choc titanesque de civilisations, de religions et de races, au cœur duquel il y a la reprise mondiale du djihad islamiste et de sa troisième offensive historique contre l'Europe, mais aussi le risque d'un conflit majeur dans la zone pacifique. Les attentats du 11 Septembre ont été l'élément déclencheur de cette guerre, tout comme l'assassinat de Sarajevo entraîna la Première Guerre mondiale. L'Europe et la France se trouveront au centre de la ligne de front de ces conflits, dont les deux principales formes seront le terrorisme de masse et la razzia insurrectionnelle. Nous allons vivre simultanément une "guerre globalisée" et une guerre civile à forte connotation ethnique en Europe. Il faut nous attendre aussi à des actes de "giga-terrorisme", notamment nucléaire. Face au formidable cyclone qui se lève, l'impréparation de la société occidentale est totale, analyse l' auteur: une classe politique aveugle ou indifférente; des intellectuels plus veules que jamais dans leur tour d' ivoire; une population autochtone émasculée et ahurie. Pourtant il ne faut pas désespérer: cette guerre totale qui se prépare et va embraser la planète sera non seulement un démenti cinglant au souhait américain de "fin de l'histoire" et de "nouvel ordre mondial" au XXI" siècle, mais l'unique moyen de refonder la civilisation européenne dans la douleur et d' opérer la reconquête de notre aire de civilisation. Le Tribunal de l'Histoire prononcera bientôt son verdict... Guillaume FAYE: « AVANT-GUERRE » « Chronique d'un cataclysme annoncé », Editions de l’AEncre, 382 pages, ISBN 2-911202-52-X. En vente notamment à la Librairie nationale, 12 rue de la Sourdière, F-75001 Paris Tel:++33.(0)1.42860692 Fax : ++33.(0)1.42860698 http://www.librairienationale.com
Entretien avec Guillaume Faye Je vais
commencer par vous citer. Dans la revue Études et recherches, voici quinze ans,
vous écriviez que
l’on peut en arriver au point où "une civilisation mondiale désireuse
de stabiliser l’histoire oppose sa volonté conservatrice aux forces qu’elle
a elle-même déclenchées". Selon vous, en sommes-nous là ? L’Occident,
longtemps témoin passif de l’invasion ethnique, l’Amérique longtemps
complice imprudente des islamistes, ont-ils encore la force d’âme pour
"stopper le cours de l’histoire" alors que le choc des civilisations est passé du stade de la "guerre
froide" à celui de la "guerre chaude" ? Guillaume
Faye : Une époque
se termine, une autre commence. On ne peut pas prévoir ce qui va se passer : ce
que nous savons est que nous sommes à la croisée des chemins, nous vivons la
fin d’un âge de la civilisation européenne. Civilisation qui a connu trois
grandes époques : l’époque antique, l’époque médiévale, puis l’époque
moderne qui a commencé vers les années 1850. Actuellement nous vivons la fin
de cette dernière époque car l’Europe est envahie par ceux-là même
qu’elle avait conquis alors qu’elle est en plein déclin démographique. Sur
le plan moral, mental, psychologique, toutes les valeurs européennes sont arrivées
à terme, diluées dans l’humanisme et l’égalitarisme total. La thèse
assez hégelienne que je défends est que cette situation est en train de
provoquer une catastrophe mondiale qui peut à terme nous régénérer. On ne se
régénère pas à froid : on ne peut se métamorphoser qu’à chaud. La question
centrale qu’on peut se poser d’une manière dialectique est de savoir si
cette catastrophe ethnique, écologique, éthique, etc. que la
civilisation européenne a provoquée par sa propre décadence va être
l’occasion d’une régénération ou d’une disparition. Actuellement nous
sommes colonisés et cette invasion se double d’un incroyable masochisme de la
part des européens eux-mêmes. Or, seule une crise terrifiante que je
souhaite, à cet égard peut changer les mentalités collectives, réveiller
les Européens. Dans mon
nouveau livre, Avant-Guerre, je développe ma thèse de "La Colonisation de
l’Europe", tout en allant vers le choc des civilisations, nous allons
vers la troisième guerre mondiale ! Le choc
de septembre 2001 a semblé réveiller la capacité d’analyse de certains médias.
Puis, bien vite, Bush a précisé qu’il ne faisait pas la guerre à l’Islam,
les grands médias Le Monde ou Télérama en France, La Repubblica en Italie,
ont consacré toute leur énergie à nous faire connaître l’Islam, cette
religion de tolérance et de culture, si proche et si lointaine... La censure
est-elle déjà revenue ?
Cette prise
de conscience était un frémissement, un battement d’aile. Quand Bush et
Blair disent qu’ils ne font pas la guerre à l’islam, c’est risible. Peut-être
qu’on ne fait pas la guerre à l’islam, mais l’islam nous fait la guerre !
Ce n’est
pas vous qui désignez l’ennemi, c’est l’ennemi qui vous désigne ! Ils
savaient très bien qu’ils déclaraient la guerre à l’islam, qui
d’ailleurs est désigné en arabe par le même mot que
l’"islamisme" : islamiya. Il y a donc eu une petite prise de
conscience, mais elle n’est pas très importante. La guerre que nous fait l’Islam
n’a pas commencé le 11 septembre 2001, mais dès les années 60. Ce qui est
positif, c’est que les islamistes sont allé trop loin, trop vite : c’est la
mentalité arabe qui veut ça. Ils sont passés trop vite du temps de la paix au
temps de la guerre, alors qu’ils étaient en train d’envahir les
consciences. S’ils avaient été moins pressés, personne n’aurait rien vu.
Sans doute, pour que les yeux s’ouvrent vraiment, faudra-t-il un attentat géant
: mais je ne crois pas que cela aura lieu tout de suite, ce n’est pas dans
leur intérêt d’en réaliser trop dans l’immédiat. Il est possible qu’il
y ait une période de calme. Nous sommes face à un terrorisme qui ne dépend
pas d’une vraie organisation terroriste, mais se déploie suivant la logique
d’une guerre transnationale, en réseaux, et qui va au-delà des seules
capacités d’un groupe comme Al-Qaïda : l’islam est une multinationale, la
guerre n’est pas territorialisée, ni réductible aux méfaits d’une seule
organisation ! La fin de Ben Laden ne résoudra rien du tout car ce dernier,
simple sponsor du djihad malgré sa posture de Prophète, n’avait fait
qu’applaudir à des actes qu’il avait sans doute suivis et financés, mais
certainement pas organisés directement lui-même ! Quelle
stratégie préconisez-vous pour les citoyens qui voudraient se préparer aux
conflits futurs ? Certains
ont dit que vous vouliez fonder votre propre parti politique. C’est
idiot ! Cela limiterait mon audience. Cela va totalement à l’encontre de mon
analyse actuelle, car je préconise un travail en réseau. Il est certes nécessaire
qu’il y ait des partis pour faire de l’agit-prop. Mais l’important est le
réseau, à l’échelle européenne, sans gourou ni chefaillon ! Fonder sa
petite secte une de plus est totalement contre-productif. Mon
"parti", c’est mon secrétariat et les nombreux amis avec qui je
collabore dans toute l’Europe. Je ne veux pas d’étiquette ! Dans la
revue Réfléchir et Agir, vous avez préconisé un "repli" sur
l’action associative, à l’instar de ce qu’a fait l’extrême-gauche.
Pourriez-vous développer ce point ?
Ce n’est
pas un "repli", mais une stratégie polyvalente. Il faut des partis,
des maisons d’édition, des associations, des syndicats. Il faut qu’il y ait
dans la société civile une présence de nos idées. Mais toutes les formes
d’action sont nécessaires : il ne faut pas vouloir faire de la métapolitique
contre la politique. Toutes les actions, politiques, culturelles, doivent être
reliées par une même vision du monde. Ce n’est pas une stratégie de repli,
mais d’étalement, comparable à celle qu’ont eu les trotskystes qui sont
aujourd’hui à la tête de l’État et de l’Église catholique ! dès
les années 60. La droite nationale française est miné par la culture de l’échec,
les petits chefs, les ragots : les différents groupes de musulmans et de
gauchistes peuvent se détester entre eux, mais ils ont les uns comme les autres
des ennemis contre lesquels ils s’unissent. Alors que pour beaucoup de
personnes de nos idées, l’ennemi c’est d’abord son propre ami politique,
pour de simples raisons de jalousie ! Je suis étonné de voir que l’action
associative a si peu été utilisée. Il n’y a aucune association qui défende
les européens ! Il y a bien l’AGRIF, mais ils font peu de choses, et
ils appartiennent trop ostensiblement au Front National, ce qui mine leur crédibilité
: SOS Racisme avait su camoufler à peu près son inféodation au PS ! Au
moins, la gauche se bouge : regardez Agir contre le Chômage, ATTAC
ou Droit Au Logement, qui représentent 5000 personnes en France ! Les
gens dans nos milieux sont pour l’ordre, mais ils sont désordonnés et
inactifs, alors que les trotskystes, malgré leur idéologie, sont des gens
ordonnés. Il faut se bouger ! Je suis sidéré par la pauvreté de l’activité
associative dans notre camp. Je le répète, il y a du racisme anti-européen et
aucune association ne se remue vraiment pour en faire parler ! Que
pensez-vous de cette dérive pro-islamiste que l’on observe dans la droite
nationale française,
dérive souvent suscitée par un antiaméricanisme nourri d’antisémitisme
mal digéré ? Cette dérive
est avérée. Ils confondent l’ennemi et l’adversaire : l’adversaire
c’est celui qui nous affaiblit soit les Etats-Unis l’ennemi c’est
celui qui nous envahit concrètement : l’Islam et le tiers monde. Le plus drôle
est que c’est moi, entre autres, qui, dans les années 70, ai convaincu ce
milieu qu’il ne fallait pas être pro-Américain à fond. Tous les anti-Américains
obsessionnels d’aujourd’hui étaient alors pro-Américains ! Giorgio Locchi
et moi, notamment avec mon livre Le système à tuer les peuples, avons fait
basculer dans l’anti-américanisme Alain de Benoist qui était auparavant américanophile
; pour s’en rendre compte, il suffit de relire les numéros d’avant 1975 de
la revue Nouvelle École! Certains
souffrent d’un antisémitisme obsessionnel, doublé d’une sorte de syndrome
de Stockholm qui leur fait aimer l’ennemi véritable. Les musulmans ne leur en
tiendront aucun gré : les "identitaires" français qui ont peut-être
admiré les actions attribuées à Ben Laden seront égorgés comme les autres !
L’Islam est une religion de force qui conduit certains militants nationalistes
à se prosterner devant la religion conquérante avec une fascination de colonisé.
Mais même s’ils se convertissent, ce qui est déjà le cas pour certains, ils
ne seront jamais, en tant qu’Occidentaux, que des musulmans de second ordre. Le
pro-islamisme dans la droite nationaliste est assez fréquent. Plus ces gens
sont "nazebroques" au sens le plus primaire du mot, anti-Américains
au sens le plus idiot du terme, et plus ils sont pro-musulmans, et sans connaître
d’ailleurs l’Amérique ni l’islam. Ils sont fascinés par l’idée néo-romantique
qu’ils se font de l’islam. Dans des milieux qui se disent radicaux, il y a
une réaction infantile : ces gens sont peut-être extrémistes, mais pas
radicaux, car les radicaux sont ceux qui vont à la racine des choses. C’est
facile de taguer "US go home" ou "Vive Ben Laden" dans le métro
; ils risquent moins que s’ils allaient écrire "islam dehors" dans
les banlieues. En tant
que journaliste, quel jugement portez-vous sur la sociologie des médias actuels
? Le politiquement
correct trouve-t-il ses racines dans le tiers-mondisme des années 50 et 60,
dans l’engagement communiste, ou plutôt dans mai 68 et les années qui
ont suivi ? C’est un
enchaînement ; mais je crois que c’est le post-68 qui a le plus pesé. Ceux
qui tiennent les médias sont des gens de 50 ans, de ma génération, qui ont
grandi dans une atmosphère néo-marxiste. Mais il faut savoir que règne chez
les journalistes une vraie pensée unique stalinienne : le marxisme a cédé à
cet égard la place au tiers-mondisme, puis à l’immigrationnisme. Pour réussir
socialement, il faut avoir une position qui aille dans le sens de la soft-idéologie
anti-raciste, immigrationniste et égalitaire (comme au temps de l’URSS, où
il fallait être pro-soviétique). Sachant que même des gens la désapprouvant
participent à cette vulgate. Tout le monde voit la vérité dans la rue, tout
le monde sauf les élites actuelles, qui jouent les autruches. De grands
journalistes, totalement de mes idées, ont signé les pétitions pour les
"sans-papiers" : ils m’ont expliqué que s’ils avaient refusé,
leur carrière était foutue. Il ne suffit pas de n’en pas parler : il faut se
dire anti-raciste, comme il fallait se dire stalinophile dans les années 50. Charlie-Hebdo
avait attaqué Gérard Depardieu parce qu’il avait refusé de signer... Cela ne lui
a fait aucun mal, car il est au zénith. Mais un jeune comédien aurait vu sa
carrière sciée. Il faut savoir que beaucoup ne parlent pas par conviction,
mais par trouille : ils veulent être du côté du manche. Il faut se proclamer
anti-raciste, pour l’intégration, etc. comme au XIXe siècle il fallait aller
à la messe tous les dimanches ! Cela dit, Charlie-Hebdo, dirigé par de
"vieux cons", est l’exemple type du "torchon stalinien et délateur",
un "média de flics de la pensée et de collabos", le "degré zéro
du journalisme". Pour que les Européens aient une vraie prise de
conscience, au point de conformisme et d’aveuglement ethno-masochiste où en
sont nos soi-disants "leaders d’opinion", nous avons besoin d’une
crise terrible, qui seule pourra nous donner l’énergie de nous défendre. Victor Marck est collaborateur d’une agence de presse. Publié avec l'autorisation de www.aipj.net
(Bastion n°68 de février 2003) |